Dimanche 5 août 2012 7 05 /08 /Août /2012 04:29

  Sylvie Assé

 

giuseppe-sdf_pigeons-dans-le-quartier-Beaubourg.jpgHier soir, j'étais assise à Beaubourg avec Giuseppe. Je lui ai remis des captures écran de tout ce qui a été publié sur ce blog histoire de vérifier avec lui que j'avais bien compris et relayé sa demande.

 

 « Ce que je veux, c'est une enquête approfondie sur les conditions de mon expulsion » confirme Giuseppe.

 

« J'ai toujours payé mon loyer, j'avais un dossier médical en ma faveur, mais le juge a décidé de m'expulser quand même... J'ai formé un pourvoi en appel in extremis - avec une aide juridictionnelle accordée à la dernière minute et un huissier qui m'a coûté 160 € mais le jugement a été confirmé. Mon avocat était furieux, voulait aller plus loin... A-t-il eu des pressions ? Je n'ai plus eu de ses nouvelles... »

 

pancartes-giuseppe-sdf-pigeons.jpgAlors pourquoi un avocat ? « Je voudrais faire le point sur les recours possibles. Savez-vous que mon appartement avait déjà été reloué avant même que le jugement d'appel soit rendu ? Je voudrais prouver qu'il y a eu des irrégularités, qu'on prouve qu'ils ont eu tort et qu'ils soient condamnés. »

 

Mais en attendant, Giuseppe est toujours à la rue. Malgré des agressions violentes qui ont des répercussions graves sur sa santé (problèmes de dos, de dents, narcolepsie...) il veut y rester pour nourrir ses pigeons.

 

Les pigeons qui passionnent Giuseppe sont au coeur du problème.

« Il y a eu un projet de pigeonnier à Beaubourg qui n'a jamais vu le jour. Et en plus, ils veulent aussi couper les arbres de cette petite place ».

 

Rappel chronologie Ambassade des pigeons :
Mars 2003 : pigeonnier du 14ème arrondissement de Paris, dit « pigeonnier expérimental »
Année 2007: Pigeonnier de la Roquette (11ème) = pigeonnier pilote de la série qui suivra : dans les 2ème, 18ème, 20ème, 13ème et 19ème.

Année 2010 : Pigeonnier St Eloi (12ème) puis dans le 16ème, dans le 17ème .
Année 2011 : re-démarrage du pigeonnier du 15ème et promesse d'installer le pigeonnier du 10ème, dans le square Alban Sartagne, (à ce jour ce dernier est en marche mais n'a toujours pas été inauguré).
La Mairie centrale annonce l'interruption momentanée du programme des pigeonniers tel que prévu (1 par arrondissement) : elle « offrait » le premier pigeonnier à chaque arrondissement, les mairies d'arrondissement prenant à leur charge uniquement les frais d'entretien.

Réflexions : Il nous semble qu'il eût été préférable que la mairie centrale de Paris pense à installer immédiatement plusieurs pigeonniers dans les arrondissements vraiment à « problèmes », tels que le 15ème, le 10ème, le 9ème et autour du Centre Pompidou plutôt que de continuer à stigmatiser les nourrisseurs.

 

Et quand il n'y a ni pigeonnier ni arbres, les pigeons s'installent sur les immeubles et les monuments, restent au sol où leurs pattes s'enmêlent dans les fils et les cheveux jusqu'à ce que leurs pattes soient réduites en moignons. Mal nourris, leurs déjections deviennent difficiles à ôter ce qui les rends si impopulaires auprès de la population qui les taxent de tous les maux.

 

giuseppe-soigne-les-pigeons-2.jpgC'est pour cela que Giuseppe veut s'occuper d'eux : « j'ai vécu 30 ans rue du Renard, c'est chez moi ici ! Il n'est pas question que j'aille ailleurs : je veux que les gens voient qu'ils m'ont rendus aussi dégeulasse que les pigeons dont je m'occupe ».

 

Giuseppe a aussi été condamné pour avoir nourri et soigné les pigeons : 9 070 € qu'il paye à raison de 20 € par mois, jusqu'en 2050. « Sur les conseils d'un policier, je ne paye plus depuis trois mois : j'ai reçu un avis de saisie des meubles, mais comme je n'ai plus ni appartement ni meubles... » Nous éclatons de rire ensemble face à la bétise d'un tel acharnement.

 

Giuseppe refuse fermement les solutions d'hébergement proposées. « Faute de pouvoir "déménager" les pigeons, on tente de m'éloigner de Paris en enlevant ma voiture, mon dernier toit, sans respecter les délais légaux d'enlèvement et le passage en pré-fourrière ! Ils me l'ont enlevée le 31 juillet et j'ai dû la récupérer à Bercy (NDLR D'habitude c'est pire, on la dépose à Bonneuil, fermé en août) avec une amende de 136 € ».

 


Alors si vous connaissez un avocat,

n'attendez pas : envoyez ses coordonnées ici !

 

En insistant un peu, Giuseppe m'a confié qu'il accepterait une paire de bottes en plastique pour l'hiver « solides, parce que les miennes sont dans un triste état. Taille 42 pour mettre avec de grosses chaussettes ». Les demandes sont aussi modestes et pratiques que l'homme... Je vous assure qu'il force le respect Giuseppe !

 

Vous souhaiter aider Giuseppe ?


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Et n'oubliez pas de signer la pétition mise en ligne par Diane Richard

 

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Pour bien comprendre la cause des pigeons, je cite Brigitte Marquet, présidente fondatrice de l'association l'Ambassade des pigeons.

 

Après avoir visionné le film La parole aux pigeons, vous serez je pense admiratifs de la pugnacité de Giuseppe...

 

 

 

 

La cause des pigeons


Par Brigitte Marquet,

Présidente fondatrice de l'Ambassade des Pigeons

 

« 1. Les pigeons, essentiellement granivores, ne sont salis que parce que l’article 120 d’un Règlement sanitaire datant de 1979 interdit de les nourrir et les condamne donc à traîner dans nos caniveaux sales à la recherche de n’importe quelle nourriture. Malgré ces conditions de survie relevant d’un acte de cruauté, les pigeons ne sont porteurs d’aucune maladie transmissible aux humains. Ceci est scientifiquement prouvé. (Voir Bulletin de la Direction des Services Vétérinaires de PARIS de 1997 et les témoignages de professionnels notoires, dont celui du Dr  de VAILLY). N’oublions pas non plus que tout oiseau a besoin de boire et de se laver dans de l’eau PROPRE !


2. À la recherche de nourriture, les pigeons « rencontrent » sur leur chemin de misère des FILS dans lesquels leurs pattes couvertes d'aspérités se prennent. À chaque tour et détour, ces fils s’enroulent puis finissent par s’incruster, provoquant une gangrène au final, d’où les MOIGNONS que nous voyons (si nous regardons !). Dans certains quartiers de PARIS, un pigeon sur 5 est un infirme. Un pigeon qui a les 2 pattes attachées par des fils (souvent de poubelles ou de « couture + des cheveux : ramassons-les !) a très peu de chances de survivre : il mourra pendu par ses pattes dans un arbre ou bien immobilisé vivant dans son abri, les pattes accrochées, en attendant… la mort.

Les pigeons sont devenus les BOUCS EMISSAIRES en ce qui concerne les NUISANCES VISIBLES alors que d’autres nuisances visibles (crachats, déjections, chewing-gums, mégots, poubelles et fils de poubelles, bris de verre) existent et que des nuisances sonores et olfactives empoisonnent réellement nos existences tout en portant souvent atteinte à notre santé : les gaz de pots d’échappement , le dioxyde d’azote, les décibels binairesne constituent-ils pas des nuisances bien plus graves que quelques fientes de pigeons que l’on peut ôter ? Les pigeons sans défense servent de prétexte à défoulement.


3. Ce n’est pas tout ! Affamés, rendus infirmes, diffamés, de leur vivant, par la « rumeur » ignorante qui les salit encore plus, les pigeons sont capturés au filet, souvent à l’aube et en cachette, après avoir été appâtés par une société spécialisée qui les emmène dans des lieux où les attendent des CAISSONS: « On » les enferme dans ces caissons,« on » retire l’air au moyen d’une pompe aspirante… Ecrasés sous vide, les organes de ces malheureux oiseaux finissent par… éclater. Ou bien, ils sont asphyxiés au CO2 et c’est tout aussi atroce, ou stérilisés sans l’assistance de vétérinaires et sans anesthésie (voir vidéo atroce dans la rubrique Evènements de notre site). Ou bien , « on » appâte les pigeons avec quelques graines dans des pièges, des cages sur des toits : de nombreux pigeons sont mourants ou déjà morts lorsqu’on « relève » les cages puisqu’ils sont restés exposés aux intempéries, sans eau et nourriture. Les caissons achèveront la besogne pour les survivants.

Il y a aussi les battues, comme par exemple à ALBI…
Depuis environ un an, une mode « bio » contre les pigeons est apparue : recréer « de » la sélection naturelle, gràce aux prédateurs faucons... L’Ambassade des pigeons n’a rien contre ces oiseaux de proie mais juge les passages ponctuels de fauconniers dans les villes peu utiles : où partent les pigeons effrayés ? Ne reviennent-ils pas très vite ? Combien coûtent ces interventions qui devront être répétées ? Le dressage des faucons n’est-il pas lui-même sujet à controverse ? Par ailleurs, l’idée d’encourager la nidification de faucons pélerins dans les villes sera-t-elle bénéfique ? Les passereaux ne risquent-ils pas d’y « passer » ? ? ? Les plus petits faucons, les crécerelles ne les menacent-ils pas déjà ? Ces oiseaux ne risquent-il pas leur vie dans nos villes pleines d’embûches pour eux, à commencer par nos baies vitrées ?
L’installation de dispositifs d’effarouchement électroniques, ultrasoniques ou répulsifs au moyen de càbles très légèrement électrifiés est tout à fait efficace pour dissuader les pigeons de se poser sur les endroits où ils dérangent. Cette solution est pour nous tout à fait complémentaire de celle du pigeonnier contraceptif.


4. Nous voulons donc que des PIGEONNIERS CONTRACEPTIFS (abris où les pigeons sont nourris, surveillés, où la plupart de leurs œufs sont stérilisés) soient installés au plus vite. Il en existe déjà beaucoup en France, bientôt 12 à Paris. Rappelons ici que les captures ne servent à rien et qu’elles coûtent cher aux contribuables : d’autres pigeons reviennent, entêtés qu’ils sont, – selon les lois de la biologie  (la nature a horreur du vide !) – là où ont été prélevés leurs congénères pour ce « nettoyage ignoble » autant que récurrent…
Nous voulons aussi que l’étude sur les GRAINES  STERILISANTES,éventuellement à distribuer dans des mangeoires « officielles »,  reprenne… En France, dans certaines villes, cette méthode obtient de bons résultats gràce à la manière dont elle est « menée ». L’arrêté, national, paru au J.O. du 14 juillet 2004, autorise les municipalités à distribuer ces graines (régularisant ainsi les arrêtés municipaux, épars).

 

5. Nous voulons que le STATUT des pigeons soit révisé : que ceux-ci soient, sans ambiguïté dans les textes, considérés comme les animaux domestiques, abandonnés, libres donc à nouveau, qu’ils sont…, de manière à ce que tout acte de cruauté, public ou privé (empoisonnements tellement làches et cruels) soit davantage et sévèrement réprimé par la LOI, que les sociétés de capture qui les torturent soient mises hors la loi. Puis que l’article 120 soit abrogé !


6. Un pigeon est granivore : il a besoin de 30 grammes au moins de graines par jour. Bien nourri, ses fientes ne sont pas acides et autour d’un pigeonnier, presque plus de fientes. Il suffit de réfléchir à l’emplacement du pigeonnier de manière à ce que les pigeons ne dérangent plus nos concitoyens devenus si impatients, envisager dans  certains cas d’associer la méthode de distribution de graines anticonceptionnelles.

Qu’attendons-nous pour vivre avec ces petits compagnons, charmants, innocents, cousins des colombes, symboles de PAIX ?


OEUVRONS pour que des SOLUTIONS de VIE (durables et douces), dignes d’une société civilisée entrent en vigueur.
Réclamons des pigeonniers et/ou des graines stérilisantes à nos élus !


REHABILITONS CES OISEAUX ! ! !    Essayons de supporter la vie … d’autrui ! »

 

 

Publié le 16 04 2012 sur le blog Bonheur intérieur brut

 

Giuseppe était locataire dans un appartement de la mairie de Paris, payait son loyer tous les mois avec sa retraite. Mais il a été expulsé. Pourquoi ?  Parce qu'il nourrit les pigeons !

Depuis, le Calabrais refuse par dignité toute aide d'urgence: foyers, repas etc ... Il vit depuis plus de 20 mois, été comme hiver, dans sa voiture. Le vieil homme au dos courbé ne veut pas plier l'échine.

 

Il se bat armé d'une vieille pancarte qu'il trimballe avec son caddie. Tel un Don Quichotte des temps modernes.

 

Une vidéo a été faite pour le sortir de l'ombre de sa voiture. Son seul refuge. Elle dure 14 minutes. Votre temps est précieux, mais prenez les et vous découvrirez un homme digne, lucide, d'une profonde sagesse et plein de compassion.

 

" Ils sont en train de dépenser des milliards pour aller sur Mars pour touver de la vie et ici il y a la vie et on la méprise ... 

 

La mairie m'a mis à la rue exprès, donc je dois rester à la rue. Il y a des gens qui ont choisi d'être SDF moi je n'ai pas choisi. Les douches publiques sont à la mairie, moi je crèverai mais je n'irai pas. J'ai toujours travailler pour rester au chaud et pour manger et j'arrive à mon âge et je devrais demander à la mairie qui m'a jeté dehors! Mon avocat m'a dit d'arrêter de donner à manger aux pigeons pour retrouver ma dignité, ah bon, celui qui donne à manger aux pigeons il perd sa dignité ? Tu ne penses pas que si j'allais à la mairie pour me laver, là, je ne la perdrais pas ma dignité ? ...

 

Donner à manger aux pigeons c'est un acte normal.  Je leur donne à manger car beaucoup de gens ont de la haine pour eux, ils mettent du poison, leur donnent des coups de pied et il n'y a personne qui les défend. Ils sont martyrisés, massacrés. Ils font partis de la nature, l'homme n'est pas le seul être vivant qui fait partie de la nature. Il s'est approprié la planète, comme disaient les Humanistes qui plaçaient l'homme au centre de l'Univers. C'est absurde. Il faut leur donner à manger sinon ils meurrent c'est normal, nous c'est pareil ...

 

Certains me veulent du mal, ils m'ont frappé pendant 10 minutes avec des coups de pied dans la figure, j'étais à terre devant une terrasse, ça m'a semblé interminable et personne ne s'est levé, personne ...

 

Je souffre mais je suis heureux, heureux de me battre contre plus fort que moi, contre les gens qui se croient invincibles parce qu'ils détiennent le pouvoir. Parce que normalement quand on paye son loyer on ne met pas les gens dehors. Moi je donne à manger aux pigeons! Les pigeons dans le quartier c'est un enjeux électoral important. "

 

 

 

Photos Diane Richard

 

1) Connaître son histoire en lisant ce que nous avons déjà publié à son sujet

 

1 4 mai 2012- 2 22 mai 2012 - 3 26 juillet 2012 - 4 5 août 2012 - 5 29 août 2012

 

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QUI SOMMES-NOUS ?

En janvier 2012, marqué par la souffrance des sans-abris, des sdf et des exclus, un groupe d’internautes se constitue en association de fait baptisée « Collectif Entraides Citoyennes ». Pendant un an, il soutient des projets dédiés au secours d’urgence nés de l’initiative de particuliers et d’associations. Quinze mois plus tard, le collectif décide d’intensifier son action et de devenir une association loi 1901 afin d’étendre son champ d’action.

Objet :

L’association « Entraides Citoyennes » a pour objet de :
1) soutenir toutes les personnes physiques ou morales dans leurs actions au bénéfice des sans-abris, des sdf et des victimes de l’exclusion qui lui en font la demande par : la communication de leurs actions ; l’organisation, la participation ou la coordination d’opérations pour renforcer leurs moyens et leurs ressources ; la collecte et la redistribution de produits de première nécessité : vêtements, hygiène, nourriture, matériel, etc. ; tout autre moyen qui fera l’objet d’une convention

2) soutenir directement les sans-abris, les sdf et les victimes de l’exclusion par tous les moyens, en vue d’un exercice effectif de leurs droits fondamentaux,  notamment : prêt et don de produits de première nécessité ; défense de leurs droits, libertés et intérêts devant toute juridiction administrative, civile ou pénale

Déclaration en préfecture de Paris le 04 06 2013 - RNA n° W751220057 - Publication au JO du 15 06 2013, N° d'annonce : 1418, N° de parution : 20130024.

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